La
maison devenue citrouille |
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C'est
l'histoire d'une vieille maison, adjacente au Petit Palais,
bordée
par les rues Charles-Bonnet, François-Le-Fort et de Saint-Victor.
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Je
l'aimais bien, notamment pour sa
forêt de cheminées
anarchiques, semblant avoir poussé au petit bonheur sur
son toit.
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Un
jour de mai 2010, cette maison s'est retrouvée entièrement
emballée, pour ce que l'on pouvait supposer être une rénovation
de façade. J'en ai fait une photo, trouvant plaisante la lumière
dorée
du soleil matinal jouant dans les plis de cette grande bâche.
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Cinq
mois plus tard, la maison était toujours voilée. Mais, sans doute à cause
de la très violente bise du 26 octobre, elle s'est retrouvée
quasiment nue.
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Comme
on peut le constater sur cette photo et sur les suivantes,il
s'agit de bien plus que d'une rénovation de façade.
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En
observant attentivement, on devine que le bâtiment a probablement été
démoli à l'intérieur, et que seuls les murs extérieurs ont été conservés.
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On
peut même se demander si les planchers n'ont pas été démolis,
eux aussi, au vu des lueurs filtrant par les ouvertures de la
façade.
Je crois bien que cette maison a été évidée
comme une citrouille.
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Mais
très vite, le lendemain, la maison a de nouveau été entièrement emballée.
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Est-ce
un bien, ou un mal ? Quand, dans de vraisemblablement nombreux
mois encore, les travaux seront terminés, le quartier
ne sera pas défiguré,
car la façade aura repris son aspect d'origine remis à neuf
(encore que pour le toit et les cheminées, ça m'étonnerait
beaucoup que l'on conserve
la joyeuse anarchie d'antan).Quant à l'intérieur,
que j'imagine bourré de high
tech et de confort moderne,
aura-t-il gardé son âme ?
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